Avec ses paysages littoraux et alpins et un patrimoine culturel particulièrement riche, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) figure parmi les destinations touristiques les plus attractives de France. Selon l’INSEE, elle était en 2024 la quatrième région métropolitaine la plus visitée. Châteaux, musées, monuments classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, domaines skiables et stations balnéaires : rien ne manque pour divertir les visiteurs venus profiter du soleil.
Cette attractivité se reflète notamment dans la fréquentation ferroviaire. La ligne Paris-Marseille est l’une des plus fréquentées du pays. En 2024, la gare Marseille Saint-Charles a ainsi accueilli 17,8 millions de voyageurs. Chaque année, près de 30 millions de touristes visitent la région Sud, générant plus de 18 milliards d’euros de retombées économiques et assurant 143 000 emplois, soit 7.5% de l’emploi régional.
Pour les visiteurs souhaitant découvrir les nombreux sites touristiques du territoire, le train constitue aujourd’hui l’option de transport la plus écologique. Pourtant, malgré un réseau déjà conséquent, plusieurs obstacles freinent encore le développement du tourisme ferroviaire en PACA.

Cette carte met en évidence une desserte globalement satisfaisante des grands sites culturels. Les sept sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en région PACA sont, dans leur majorité, accessibles par le train, tout comme les dix musées les plus fréquentés en 2023 (comme le Mucem ou le musée Granet). Cette accessibilité s’explique en grande partie par leur localisation au cœur de grandes villes, bénéficiant ainsi d’un réseau de transports en commun développé.
À l’inverse, les stations de ski apparaissent plus éloignées du réseau ferroviaire. Ce constat s’explique en partie par des contraintes géographiques : les chemins de fer évitent, à juste titre, les parcs nationaux et les chaînes de montagne.
Toutefois, la carte révèle également des zones moins bien desservies sans justification topographique apparente.
Sur le littoral, entre Hyères-les-Palmiers et Saint-Raphaël, plusieurs communes pourtant reliées par l’autoroute ne disposent d’aucune gare SNCF, comme la ville de Saint-Tropez, pourtant classée station de tourisme. Lilou, 22 ans, emprunte environ deux fois par mois le TER entre Marseille et la Côte d’Azur. Elle déplore l’absence de gares dans des petites communes très touristiques comme Valbonne. À Eze, village particulièrement prisé des visiteurs américains, le train s’arrête sur la plage et non au village, situé sur une petite colline. L’accès jusqu’au centre-ville se fait ensuite en bus, un trajet jugé long et souvent saturé.
Comme l’illustre le graphique ci-dessous, la majorité des 82 stations classées tourisme et des 90 communes touristiques de la région ne disposent pas de gare. Ces appellations, assignées par l’Etat pour une durée respective de douze et cinq ans, reposent notamment sur la fréquentation et la qualité des équipements d’accueil.

Au-delà de la desserte géographique, d’autres facteurs contribuent à l’insatisfaction des usagers. Sur la ligne Marseille-Nice, Lilou dénonce des tarifs élevés et une capacité insuffisante face à l’afflux touristique estival. “Ça m’est déjà arrivé de rater deux trains d’affilée car je n’arrivais pas à monter tant il y avait de monde” témoigne-t-elle. Elle évoque également des trains vétustes “et pas très bien pensés”, sans espaces vélo par exemple.
Selon elle, il serait judicieux de remplacer le TER par une ligne TGV en période saisonnière, et d’adapter la fréquence des trains à la saison afin de mieux répondre à la demande.
Des travaux ont récemment été entamés par la région Sud pour améliorer plusieurs lignes, dont celle qui longe la Côte d’Azur, qualifiée par l’administration de “chantier du siècle”. Pour cette “Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur”, 1,4 milliards d’euros ont été investis. Mais toujours aucun projet de liaison ferroviaire directe entre Saint-Tropez et Marseille à ce jour…
La priorité pour la SNCF reste l’amélioration des lignes de train existantes, et pas seulement parce que les usagers actuels s’en plaignent (bien que cela soit une raison suffisante). Avec les JO d’Hiver de 2030, qui auront lieu dans les Alpes Françaises, près de deux millions de visiteurs sont attendus, notamment à Briançon, ville d’environ 10 000 habitants désignée pour accueillir le village olympique.
La ligne de train qui relie cette municipalité alpine à Marseille verra très probablement sa fréquentation augmenter, et des travaux de modernisation commenceront très prochainement en prévision.
En juin 2025, à l’occasion d’une visite à Briançon du Premier Ministre de l’époque, François Bayrou, la région PACA avait annoncé un plan d’investissement pour améliorer la desserte des Alpes du Sud en train et en voiture. Au total, 520 millions d’euros ont été alloués à ces travaux, dont 342 millions, soit la majeure partie, sont dédiés au réseau ferroviaire. 178 millions d’euros sont consacrés à l’amélioration de la seule ligne Marseille-Briançon. Dès 2030, les voyageurs pourront faire le trajet en 3h40 et non plus 5h comme c’était le cas jusqu’ici. Au total, près de 150 km de rails seront modernisés.